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12 services relevésUn carnet de rêves devant des pages qui n'en parlent pas
Les douze intitulés, et le mot qui y manque
Cinq des douze services se présentent par le téléphone. Un se présente par le tarot écrit, un autre par une formation d'hypnose, un troisième comme un annuaire couvrant la France. Deux portent un nom de commune dans leur intitulé. Aucun des douze n'emploie le mot rêve, ni songe, ni aucun terme du sommeil, dans la ligne qui dit ce qu'il fait. Le constat est maigre et il est net : une demande de lecture onirique ne rencontre, sur ces accueils, que des offres de consultation générale.
Pourquoi quatre rubriques plutôt qu'un dictionnaire
Les quatre rubriques ne découpent pas les songes par motif. Elles découpent les questions que ces pages permettent de contrôler : ce qu'un service dit de la signification qu'il propose, ce qu'il met derrière le mot gratuit, ce qu'il traite des demandes sentimentales, et ce que le mot rêve désigne avant toute lecture. Un dictionnaire de symboles aurait été plus rapide à écrire. Il aurait aussi supposé qu'une image reçoive un sens fixe, ce que les deux traditions citées plus bas refusent l'une et l'autre.
Le délai de réponse, sans réponse sur les douze
Aucune échéance chiffrée, nulle part
Sur les douze services, pas un n'écrit en combien de temps il répond — ni en heures, ni en jours, ni sous forme de fourchette. C'est le seul point où le silence soit complet. Les prix diffèrent, les périmètres diffèrent, les canaux diffèrent ; l'échéance manque partout. Pour une demande qui consiste à raconter un songe et à attendre qu'on le lise, c'est l'information la moins publiée de toutes.
Quatre pages parlent du temps, et aucune du délai
Quatre des douze disent pourtant quelque chose du temps : deux affichent une ouverture continue, deux une mise en relation sans attente. Les quatre mentions portent sur l'accès, non sur la réponse. Être joignable à toute heure ne renseigne pas sur la durée d'une étude écrite. Huit pages n'abordent pas le sujet, et dix n'indiquent aucune plage horaire.
Les montants, et l'unité qui n'est pas dite
Le nombre de valeurs distinctes, page par page
La question utile n'est pas qui chiffre, c'est combien de valeurs sont alignées. Deux accueils en alignent huit, un en aligne sept, deux en alignent cinq, deux s'arrêtent à deux valeurs, et cinq n'en donnent aucune. Deux valeurs posent un choix entre deux formules ; huit valeurs dessinent un barème dont la logique se devine ; aucune valeur laisse le visiteur sans point d'appui. Trois situations, trois lectures différentes, que le simple fait de chiffrer ne distingue pas.
Les canaux sont déclarés plus souvent que les prix
Le rapport entre ce qui est chiffré et ce qui est seulement déclaré penche nettement. Le téléphone est annoncé par dix des douze services, le courriel par neuf, la prise de rendez-vous par neuf, la visioconférence par six, le message mobile par six. Annoncer un canal n'engage rien ; publier un montant engage. La hiérarchie des mentions suit donc exactement l'inverse de leur portée pour le visiteur.
De soixante centimes à trois cent soixante euros
Les bornes de l'ensemble se situent à soixante centimes et à trois cent soixante euros, et elles ne portent pas sur le même objet. Un montant inférieur à l'euro tarife une unité de temps ; un montant à trois chiffres tarife un travail rendu. Sur une seule et même page, l'écart entre le plus petit et le plus grand atteint le rapport de deux cents. Aucune des sept pages qui chiffrent n'écrit, à côté du nombre, ce que le nombre achète.
Un inventaire voisin existe sur un autre support : ce répertoire des cartomanciennes listées interroge ses entrées sur des points de même nature, méthode déclarée, prix affiché, périmètre revendiqué, et le résultat qu'il obtient sur le prix est du même ordre. Le rapprochement sert surtout à écarter une explication paresseuse : le silence constaté ici ne tient pas au sujet des rêves, puisqu'il se reproduit sur un sujet différent.
Le sens d'une image, et ce que ce carnet n'en dit pas
Deux traditions qui font dépendre le sens du dormeur
Le plus ancien traité conservé sur la lecture des songes est l'Onirocritique d'Artémidore de Daldis, au deuxième siècle. Il fait dépendre la lecture d'une image de la condition de celui qui a rêvé : son métier, son état, sa situation du moment. Dix-huit siècles plus tard, dans L'Homme et ses symboles paru en 1964, Carl Gustav Jung écarte pour un motif comparable l'idée d'une table de correspondances fixes. Ces deux positions sont rapportées ici comme des positions d'auteur, non comme des résultats établis.
Les demandes les plus fréquentes restent sans réponse ici
Savoir ce que signifie être poursuivi dans un songe, ou recevoir de l'argent, ou rêver à l'intérieur d'un rêve — ce dernier cas, on l'appelle un rêve emboîté — sont les demandes qui reviennent le plus souvent, et ce carnet n'y répond pas. Le motif n'est pas la prudence, c'est la source. Une page de service ne contient aucun récit de songe, donc rien qui permette de rattacher une image à une situation vécue. Le symbolisme du rêve, si l'on suit les deux auteurs cités, ne se lit pas sans celui qui a rêvé.
Définitions de la cartomancie sur voyancesentimentale.net classe son vocabulaire par terme et non par prestataire, et la comparaison des deux formes a une utilité négative : un inventaire rangé par mot ne fait pas davantage apparaître d'échéance de réponse qu'un inventaire rangé par service. L'absence constatée plus haut ne vient donc pas du classement retenu, et il n'y a pas lieu de chercher ailleurs un défaut de méthode qui expliquerait ce vide.
Les bornes de cette lecture
Six points au plus par service
Chaque service est décrit ici par six points favorables au plus et par cinq mentions d'absence au plus. Ce nombre est plafonné, ce qui entraîne une conséquence qu'il faut écrire : l'absence d'une mention dans ces listes ne prouve pas l'absence de la chose sur la page. Un service peut indiquer un détail qui n'est pas remonté, les six emplacements étant déjà pris. Les comptes donnés plus haut portent sur ce qui a été consigné, et sur rien d'autre.
Un accueil ouvert une fois
Une seule page a été ouverte par service, et une seule fois. Une condition posée sur une page intérieure reste donc invisible, et une page retouchée après coup périme la réponse sans que rien n'en avertisse. Deux des douze accueils portent un décompte de mots, autour de mille cinq cents et de mille sept cents, et ces deux-là ne renseignent pas plus de questions que les plus courts. La longueur d'une page d'accueil ne vaut donc pas information.
Un carnet qui cacherait ses bornes laisserait croire qu'il garantit quelque chose, et il ne garantit rien. Celui-ci s'arrête à ce que douze pages ont accepté d'écrire, un jour donné, sur elles-mêmes — et le rêve, qui lui donne son titre, ne figure dans aucune.
Ce que la répétition de la grille montre
Une page prise à part se présente comme elle l’entend. Passée à la même grille que les autres, elle révèle ce qu’elle choisit de ne pas écrire : un prix, un délai, une zone.
Le nombre d’entrées ne fait rien à l’affaire. Ce qui compte, c’est que les mêmes questions aient été posées à chacune.
Le relevé porte sur les pages publiques, et sur elles seules. Les cinq lignes sont posées dans le même ordre pour tous les services, sans notation, sans classement, sans barème. Une case vide est une information absente du site, pas un manquement constaté. La justesse d’une lecture ne figure dans aucune ligne, faute de pouvoir s’observer.